EARL Plaisance

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Rencontre du mois de novembre 2021

Tout commence par de la curiosité, nos amies les vaches qui pâturent dans les prés suscitent à elles seules l’envie de connaître leur mode de vie. Pour en savoir plus, nous avons pris le chemin de la ferme de Plaisance à Viglain, où nous attendaient Régis et ses enfants Julien Legrand, jeune éleveur et sa sœur Marine.

Avec deux-cent cinquante têtes, des bovins laitiers de race Prim’Holstein, la famille Legrand exploite trois cent hectares de terre agricole dont la moitié environ est consacrée à l’alimentation des vaches. La saga des Legrand est une véritable histoire de famille, de transmission, de passion sur plusieurs générations.

 

L’ère de quatre générations :

Il faut remonter aux arrières grands parents de Julien et Marine pour découvrir dans les années cinquante, des paysans-fermiers du monde rural, élevant poules, lapins, cochons, se levant très tôt le matin pour aller glaner dans les champs. Puis, leurs fils Michel Legrand a pris la succession en 1969. Il monte alors le tout premier hangar et se démarque dans l’élevage de troupeau de vaches. La génération qui suivra, à l’image de Régis Legrand installé en 1984, va moderniser et agrandir les infrastructures. Cette même année marquante voit poindre la réforme des quotas laitiers afin de limiter la production de lait en France et en Europe devenue fortement excédentaire. La famille Legrand fait alors le choix de continuer et de relever le défi en traversant le séisme de la politique agricole commune pour les éleveurs.

En mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, de nouvelles installations voient le jour. Une salle de traite automatisée est mise en place, les conditions de travail sont améliorées pour un meilleur rendement ce qui développe une traite plus confortable et plus rentable. La relève familiale est assurée en 2014 par Julien Legrand le fils de Régis



Des vaches obéissantes et zen dans ce circuit :

Elles bénéficient d’un environnement idéal, la gestion du troupeau est bien plus simple. Elles se rassemblent et circulent de façon fluide, elles se positionnent par huit dans chacune des deux stalles. Après un bon nettoyage des mamelles et le contrôle d’un jet de lait pressé, les tires lait sont installées à chaque pie, la traite peut démarrer. Elle prend fin automatiquement une fois le récipient plein quand la vache est traite. Une dernière manipulation sur les mamelles avec un produit protecteur pour le bien-être des animaux et les vaches repartent soulagées les unes dernières les autres, en un ballet rythmé et cadencé qu’elles répètent deux fois par jour. Et oui, chez les Legrand, la traite c’est tous les jours et deux fois par jour, toujours assurée par la famille. Une trentaine de génisses assurent le roulement pour la production de lait (environ six mille litres tous les deux-trois jours qui part ensuite en coopérative). Pour le rendement, chaque année une vache donne un veau grâce aux méthodes d’insémination et pérennise ainsi l’exploitation.

 

« Une vache ça fait les trois 8 » explique Julien Legrand avec humour, « elle mange huit heures, elle rumine huit heures, elle dort huit heures ». En réalité, le métier est une vie consacrée au travail. Vacances, jours fériés, un éleveur est loin de tout ça. Julien, est Président des Jeunes Agriculteurs du Canton Val de Sully. Depuis six ans, ce trentenaire passionné, défend les intérêts de la nouvelle génération d’éleveurs. Il bataille pour mettre en lumière cette corporation, parfois trop malmenée, mal comprise. « Les gens doivent prendre conscience de l’importance de ce qu’apporte un agriculteur, un éleveur, le travail que nous fournissons est essentiel et va dans l’intérêt de tous, la rémunération n’est pas à la hauteur de la dureté des tâches fournies, ce qui explique aujourd’hui la défiance des jeunes qui ne veulent pas reprendre les exploitations. Les agriculteurs entretiennent également le paysage grâce à la culture des terres qui sans elle resterait des terres en friches et non exploitées ».

Sans traite, sans culture, sans élevage, qu’aurions-nous dans nos assiettes ? que mangerions-nous ? Question substantielle à méditer !

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